la recherche
Plusieurs axes de recherche ont été déterminés par le conseil scientifique du CEFRI-JUNG, soucieux d’intensifier en pays francophones l’étude sur la psychologie analytique et de faire connaître à un large public les théories et les concepts jungiens, la vision dynamique de l’homme et de l’économie psychique qui sont les clés de voûte de l’œuvre. Les travaux de recherche se proposent en outre de réactualiser la pensée de C. G. Jung et les savoirs explorés dans son oeuvre à la lumière des dernières découvertes et des derniers travaux effectués tant dans le domaine des sciences humaines, des études spirituelles comparées que de la science moderne.
Choisir de perpétuer la tradition jungienne de la pensée, c’est engager la recherche dans une double perspective : porter son regard à la fois sur les lointaines racines philosophiques et religieuses de notre civilisation et vers le savoir le plus neuf, comme le fut la physique quantique révolutionnant les représentations du monde et les présupposés épistémologiques à l’époque de C. G. Jung.
En ce sens, le CEFRI-JUNG a mis en route un travail d’exploration sur la correspondance générale de Wolfgang Pauli, Prix Nobel de Physique et correspondant assidu de Jung, qui rechercha les conditions d’unification de la physique moderne avec la science de la psyché. Ce travail est mené sous l’égide de Barabab Nicolescu, président du CIRET, professeur à Paris XI-Orsay et à l’université de Cluj en Roumanie, et membre du conseil scientifique du CEFRI-JUNG. Les passages de la correspondance ayant trait à Jung et la psychologie analytique donneront lieu à une traduction française et une publication.
Attaché, par ailleurs, à approfondir la dimension initiatique de la psychologie des profondeurs si caractéristique de l’anthropologie jungienne, le cercle de recherche a retenu comme autre voie d’investigation le thème de l’initiation qui évoque, tout comme le processus jungien d’individuation, une conversion de l’être, l’idée d’une régénération intérieure aboutissant à la naissance réelle de l’individu sur le plan de la communauté humaine. Ces études sur Jung et l’initiation seront menées sous la responsabilité de Jean Luc Maxence, directeur des Cahiers du Sens et des éditions Le Nouvel Athanor.
Si la vérité métaphysique des états de conscience modifiée et des problèmes limites de l’âme humaine ne fut nullement objet de sa phénoménologie psychique, l’analyse des fondements psychologiques du spiritisme, en revanche, ont permis très tôt à Jung de comprendre la psychologie et pathologie de la personnalité dite somnambulique. Cet axe de recherche sur Jung et le spiritisme sera dirigé par Patrick Menneteau, doyen de l’université de Toulon, spécialiste en littérature et histoire des idées du XVIIIe siècle britannique, de William Blake dont il a étudié les perspectives archétypales de l’œuvre célébrée par ailleurs à la lumière de la psychologie jungienne dans un colloque universitaire en 2006 sur W. Blake et C. G. Jung.
Structure à priori de l’inconscient collectif et vide d’images ou puissance numineuse agissante, selon qu’il est considéré du dehors sous son aspect biologique comme principe structurel inné ou éprouvé du dedans à partir de la réalité subjective et réfléchi en miroir par la conscience en acte à travers les images archétypales, l’archétype soulève des questions délicates dans la perspective empirique qui est celle de Jung oeuvrant à une phénoménologie de la réalité psychique et spirituelle de l’homme. Michel Cazenave, directeur de la traduction de l'œuvre de Jung en français, président et fondateur du CEFRI-JUNG, dirige les études sur ces deux notions indissociables et fondamentales que sont l’archétype et l’inconscient collectif dont l’idée inscrit la psychologie jungienne dans le cadre ambitieux d’une philosophie de la nature où l’homme ne saurait être pensé sans la totalité de l’univers.
Le but de la recherche CEFRI-JUNG est d’inscrire définitivement dans l’horizon de la pensée contemporaine la psychologie analytique et le type de rationalité jungienne grâce auxquels a pu être conservée la tradition occidentale sous sa forme ésotérique souvent niée par son versant exotérique scientifique et rationnel. C. G. Jung aura eu l’immense mérite de transmettre cette longue tradition de la pensée dans un langage compréhensible au moderne, et d’avoir ainsi gardé ouverte une voie de réconciliation possible entre la science moderne, la science de l’âme et les mystiques du monde, dont il nous revient aujourd’hui de poursuivre le tracé.