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« Si la psyché de l’homme est quelque chose, alors elle est infiniment compliquée et d’une diversité illimitée dont une simple psychologie de l’instinct ne saurait venir à bout. Je ne puis que demeurer contemplatif, saisi d’une admiration profonde et d’une crainte respectueuse devant les abîmes et les hauteurs de nature psychique dont le monde sans dimension spatiale recèle une incommensurable abondance d’images, et qui a accumulé et concentré de façon organique des millions d’années de vivante évolution. Ma conscience est comme un œil saisissant dans son champ des espaces les plus lointains, tandis que le non-moi psychique est ce qui emplit cet espace de façon non-spatiale. Et ces images ne sont pas de pâles ombres, mais [la manifestation] de conditions psychiques d’une efficience puissante que nous méconnaissons simplement, mais qu’il ne sera jamais en notre pouvoir de dérober par simple déni de leur puissance. A cette impression, je suis seulement en mesure d’apposer le spectacle des étoiles dans le ciel nocturne; car l’équivalent du monde du dedans n’est que le monde du dehors, et de même que j’atteins ce monde extérieur par l’intermédiaire du corps, j’atteins le monde intérieur par l’intermédiaire de l’âme ».

C. G. Jung : Introduction à W. Kranefeldt, Die Psychoanalyse (1930) ; Freud und die Psychoanalyse, Gesammelte Werke IV (1969)

la pierre de Bollingen


dernière mise à jour le 28/01/08